Pow'Her est une association engagée dans la lutte contre les violences faites aux femmes. Leurs équipes aident ces femmes à se reconstruire.
Ile-de-France
Un besoin crucial : des jeunes femmes touchées mais peu accompagnées
En Seine-Saint-Denis, un lieu unique en France apporte une réponse innovante, profondément humaine et adaptée à un public longtemps resté invisible : les jeunes femmes victimes de violences sexistes et sexuelles. Le LAO (Lieu d'Accueil et d'Orientation) Pow’Her s’adresse aux jeunes femmes âgées de 15 à 25 ans, alors même qu’elles sont parmi le plus touchées par les violences, mais aussi les dernières à solliciter les dispositifs d’aide traditionnels. Soutenu par le programme national FSE+, ce projet ambitieux vise à offrir un espace sécurisé où ces jeunes femmes peuvent souffler, comprendre ce qu’elles vivent et entamer une reconstruction souvent longue, mais décisive.
Cette initiative est née d’un constat alarmant : une femme victime de violence sur quatre et une victime de féminicide sur cinq ont moins de 25 ans. Pourtant, ce sont les jeunes qui appellent le moins le numéro d’urgence : 3919. Seulement 11% des victimes se tournent vers les services spécialisés. Beaucoup d’entres elles restent ainsi hors des radars institutionnels, soit par méconnaissance des dispositifs existants, soit parce qu’elles ont perdu confiance dans les institutions après des parcours marqués par des réponses inadaptées, des procédures classées sans suite ou l’absence de prise en charge. Cette méfiance s’ajoute aux effets destructeurs du traumatisme, aux ruptures scolaires, aux situations familiales fragiles et aux mécanismes de survie qu’elles mettent en place, parfois en reproduisant les « codes de la rue » pour tenir face à la violence.
La naissance d'un lieu pensé avec et pour les jeunes femmes
Face à ces réalités, l’association Pow’Her, ouvre en 2019 le premier Lieu d’Accueil et d’Orientation dédié aux jeunes femmes victimes de violences. Pow’Her devient rapidement un espace pensé avec elles et pour elles. Le lieu s’appuie sur une démarche participative : les jeunes femmes contribuent à définir l’identité du lieu, son fonctionnement interne et même certains projets menés en collectif. Cette horizontalité rompt avec la posture traditionnelle où les victimes sont placées en situation de passivité ; elle redonne à chacune une place de sujet, de personne qui décide pour elle-même, à son rythme.
Un accueil pour créer un lien et restaurer la confiance
Le quotidien du LAO en témoigne. Les jeunes femmes peuvent venir pour simplement se poser, boire un café, discuter ou s’isoler. Cette possibilité d’entrer dans le lieu sans condition préalable, sans dossier, sans rendez-vous est essentielle, elle offre une porte d’entrée respectueuse et non intrusive. Une fois le lien créé, l’équipe formée aux violences peut engager un travail d’identification et de déconstruction des violences vécues. Réapprendre ce qu’est une relation saine, comprendre les mécanismes de l’emprise ou de l’isolement, reconnaître l’existence de droits et les moyens de les faire valoir, se projeter dans l’avenir. Ces étapes constituent un parcours d’accompagnement qui peut durer quelques jours comme plusieurs années. L’objectif, d’un bout à l’autre, est de stopper le continuum des violences et d’éviter sa reproduction, tant pour les jeunes femmes elles-mêmes que pour leurs enfants actuels ou futurs.
« Pour moi, le LAO Pow’Her, c’est un endroit de sécurité et de protection. »
Un public marqué par un cumul de violences
Ces chiffres illustrent la vulnérabilité du public accueilli : 83% des jeunes suivies ont subi plusieurs types de violences au cours de leur vie et 63% plus de trois types distincts. Les violences intrafamiliales touchent 86% des jeunes reçues à Pow’Her, les violences sexuelles 60% et les violences conjugales 42%. Ces chiffres rappellent la complexité de leur situation et la nécessité d’un accompagnement individualisé effectué par des professionnels spécifiquement formés.
Une équipe pluridisciplinaire pour répondre à des besoins multiples
Pour répondre à cette complexité, Pow’Her s’appuie sur une équipe composée : d’éducatrices spécialisées, d’une coordinatrice, d’une juriste, d’une conseillère conjugale et familiale, d’une chargée d’accueil, d’une chargée d’études, des professionnels médicaux et des psychologues intervenants ponctuellement. Le travail est mené à la fois en individuel, en semi-collectif et en groupe pour permettre aux jeunes femmes de rompre l’isolement, de retrouver la parole libre et de reconstruire des liens sociaux sécurisés. Les ateliers collectifs abordent des thématiques variées : gestion des émotions, estime de soi, relations saines, sexualité, projet à long terme, théâtre, photographie ou débats. Ces espaces jouent un rôle déterminant dans la réappropriation du pouvoir d’agir.
Entre 200 et 250
Nombre de jeunes femmes à être accompagnées par Pow'Her tous les ans.
Un impact déjà significatif
L’impact du LAO Pow’Her est déjà remarquable. Son équipe pluriprofessionnelle a accompagné plus de 850 filles et jeunes femmes depuis 2019. Preuve que le besoin est grand et que le bouche-à-oreille fonctionne fortement entre les jeunes femmes. Beaucoup d’entre elles, après une phase de décompensation à l’arrivée, reprennent ensuite leurs études, renouent avec des activités professionnelles ou se projettent dans des parcours d’insertion plus stables. Le LAO devient alors un vrai tremplin vers le droit commun et une alternative durable aux schémas violents qui rythmaient jusque-là leur quotidien.
Vers un modèle de référence pour d'autres territoires
Le soutien du programme national FSE+ permet aujourd’hui de consolider ce modèle, de renforcer l’équipe, de structurer la collecte des données et de pérenniser un dispositif qui répond avec force et justesse à un besoin majeur. Au-delà de l’accompagnement direct, Pow’Her ambitionne également de devenir un pôle ressources pour le territoire. L’association souhaite partager son expérience, ses méthodes et ses analyses auprès des institutions, des associations partenaires et des professionnels, afin de mieux faire connaître les spécificités de ce public souvent méconnu et d’inspirer la création de lieux similaires dans d’autres départements.
L’Observatoire des violences faites aux femmes souligne dans son avis que Pow’Her constitue une structure unique en France, innovante dans son approche, cohérente avec les politiques publiques et parfaitement adaptée aux enjeux de protection, de repérage et d’accompagnement des jeunes femmes victimes de violences.
Le rôle déterminant du programme national FSE+
Le développement et la consolidation du LAO Pow’Her s’inscrivent pleinement dans les objectifs du programme national FSE+ 2021-2027, dont l’une des priorités est de soutenir l’inclusion sociale des publics les plus vulnérables. En co-finançant ce projet, le programme national FSE+ permet de renforcer un dispositif unique en France, d’élargir la capacité d’accueil et de structurer un accompagnement de qualité. Le soutien européen joue un rôle essentiel dans la pérennisation du modèle Pow’Her : il contribue à la professionnalisation de l’équipe, à la création d’un pôle ressources interne et à la mise en place d’outils de suivi robustes. À travers Pow’Her, le programme national FSE+ démontre concrètement comment l’Europe agit au service des jeunes femmes victimes de violences, en permettant l’accès à un lieu sûr, réparateur et profondément transformateur.
Un espace essentiel pour reconstruire des vies
Pow’Her s’impose ainsi comme un lieu essentiel, profondément transformateur, où les jeunes femmes victimes de violences trouvent enfin un espace pour être entendues, se reconstruire et envisager un avenir libéré de la violence. Un lieu rare, précieux, et aujourd’hui indispensable.
Le 3919 est disponible gratuitement, anonymement et 7 jours sur 7 pour vous écouter, vous informer et vous orienter vers des professionnels capables de vous accompagner.
Le FSE+ co-finance le projet Protège-Toit dans le département des Côtes-d’Armor pour lutter contre les violences intrafamiliales.
France entière
Soutenir les victimes et lutter contre les violences intrafamiliales
Les violences conjugales : une réalité accablante
En France, les violences conjugales demeurent un fléau majeur malgré les progrès réalisés en matière de prévention et d’accompagnement. En 2024, les services de sécurité ont recensé 272 400 victimes de violences commises par leur partenaire ou ex-partenaire (+0,4 % par rapport à 2023).
2/3 des violences sont physiques et 84 % des victimes sont des femmes, principalement âgées de 20 à 45 ans.
Ces chiffres persistants traduisent un phénomène massif et profondément ancré, mais aussi des réalités souvent silencieuses : seule 1 victime sur 6 porte plainte.
À l’échelle locale, des dispositifs pour les victimes de violences conjugales existent
Dans le cadre de la programmation nationale 2021-2027, le FSE+ cofinance différentes actions de prévention et de lutte contre les violences sexuelles, sexistes et intrafamiliales.
En effet, cela s’inscrit dans la priorité 1 du programme national FSE+ : « Favoriser l’insertion professionnelle et l’inclusion sociale des personnes les plus éloignées du marché du travail et des plus vulnérables ou des exclus ». Plusieurs opérations, souvent à caractère expérimental, sont menées.
Protège-Toit, une action concrète pour les victimes sur Dinan Agglomération
Lancé en 2019 grâce au soutien du Département des Côtes-d’Armor et de la start-Up d’État beta.gouv, le projet Protège-Toit met à l’abri les victimes de violences conjugales, ainsi que leurs enfants, au sein de logements communaux d’urgence temporaires.
À la mi-année 2025, les équipes de Protège-Toit ont reçu plus de 150 demandes de mises à l’abri des victimes de violences conjugales, de la part de 12 partenaires différents sur le territoire breton.
33 victimes (32 femmes et 1 homme) ainsi que 53 enfants ont pu être hébergés.
La durée moyenne de séjour est de 6 mois. Les logements sont mis à disposition par les mairies, tandis que le partenariat avec les bailleurs sociaux facilite le relogement des personnes, majoritairement dans le parc social, permettant ainsi un turn-over régulier, renforcé par mes mesures d’ASLL (Accompagnement Social Lié au Logement).
Depuis 2021, le programme national FSE+ co-finance, avec le Conseil départemental et Dinan Agglomération, les actions du dispositif dont notamment le recrutement d’une coordinatrice.
Un accompagnement personnalisé et régulier des victimes, assuré par des bénévoles
Grâce à un réseau de 24 bénévoles, les victimes bénéficient d’un suivi personnalisé et rapproché dans leurs demandes et besoins. D’après Marie-Andrée, bénévole Protège-Toit, la force de leur accompagnement se résume par « l’adaptabilité face aux situations». Ainsi, les bénévoles peuvent intervenir pour :
- De l’accompagnement aux démarches administratives
- De l’assistance en rendez-vous (médicaux, judiciaires, administratifs etc.)
- De la mise en relation avec d’autres associations ou professionnels
- Des temps d’échanges et du soutien moral
- Des sorties conviviales (courses, déjeuner en extérieur, etc.)
La première rencontre et la prise en charge des bénéficiaires sont d’abord orchestrées par Tiphaine Clément, coordinatrice, qui assigne ensuite les bénéficiaires à un ou deux bénévoles selon ses besoins. Une mise en relation a ensuite lieu, afin de s’assurer que toutes les parties se sentent à l’aise d’entamer le suivi ensemble.
Une mission également encadrée par des professionnels de la santé
Tous les deux mois, des supervisions collectives sont organisées, en compagnie d’une psychologue, d’une sociologue et d’une médecin (elle-même bénévole) afin d’élargir la grille de lecture quant à la situation de chaque victime. Les bénévoles peuvent ainsi échanger entre eux pour trouver des solutions, tout en profitant de l’expertise de professionnelles agréées.
« Jamais je ne me serais engagée si le modèle était seulement associatif, car même avec de la bonne volonté, ce n'est pas ce qui est en jeu ici.... Il y a une formation, des éléments structurants au quotidien. La bonne volonté seule ne suffit pas face aux victimes de violences intrafamiliales »
Conjuguer immobilier et solidarité, c’est possible ! C’est la mission de SOLIHA, cette agence immobilière sociale (AIS) s’impose comme intermédiaire entre des publics fragiles, qui rencontrent des difficultés à avoir accès à un logement et à s’y maintenir, et des bailleurs. En région Bourgogne-Franche-Comté, le programme national FSE+ co-finance l’opération « Maintien dans le logement des personnes en difficultés sociales en milieu rural » portée par la structure SOLIHA dans les départements de Haute Saône et du Territoire de Belfort.
France entière
Le mal-logement : un constat accablant
Le mal logement comprend de mauvaises conditions d’habitat, des difficultés pour accéder à un logement et des difficultés pour s’y maintenir ou l’absence totale de domicile personnel.
Le 30ème rapport sur l’état du mal-logement en France¹,établit qu’en France 4,2 millions de personnes souffrent de mal-logement. Aussi, conséquence de la crise du logement, les demandes pour accéder au parc social n’ont jamais été aussi importantes : courant 2024 il y avait 2,7 millions de demandeurs de logement social. Dans les même temps, l’investissement dans le parc social et l’offre locative sociale disponible tendent à baisser drastiquement.
L’accès au logement est donc un parcours semé d’embûches : seul 1 demandeur de logement social sur 5 reçoit une réponse positive dans l’année de sa demande.L’obtention d’un logement peut prendre plusieurs années.
Pour favoriser l’inclusion sociale des personnes les plus vulnérables et exposées au risque de pauvreté le programme national FSE+ co-finance l’agence immobilière sociale SOLIHA en Haute-Saône et dans le Territoire de Belfort.
L'agence immobilière sociale de Vesoul de SOLIHA propose une alternative au circuit classique d'attribution de logement.
Pour les publics fragiles, les impasses pour accéder à un logement sont donc multiples. Dans le parc privé, les bailleurs rejettent leurs dossiers par manque de solvabilité. Le parc social est quant à lui saturé et l’attribution d’un logement peut prendre plusieurs années. Aussi, certains individus ne peuvent recourir au parc social en raison de dettes d’impayés de loyer déjà importantes auprès des bailleurs sociaux.
Face à l’ensemble de ces difficultés, l’agence immobilière sociale SOLIHA à Vesoul s’impose comme une alternative supplémentaire aux publics modestes rencontrant des difficultés dans leurs parcours résidentiels.
Concrètement, l’agence immobilière sociale de Vesoul de SOLIHA capte et gère des logements du parc privé en apportant aux bailleurs des garanties locatives. Ensuite, ces logements sont mis à disposition à d’individus modestes sur critères de ressources et au public prioritaire du Plan Départemental d’Action pour le Logement et l’Hébergement des Personnes Défavorisées (PDALHPD) des départements en question.
L’action de l’agence immobilière sociale de Vesoul de SOLIHA dans les départements de Haute-Saône et du Territoire de Belfort est significative, ce sont 420 logements privés et communaux qui sont gérés par la structure. Cette opération bénéficie donc à de nombreux individus désormais locataires grâce à l’aide de l’agence immobilière sociale de Vesoul de SOLIHA. Plus de la moitié des locataires, accompagnés par l’antenne de Vesoul, sont des familles (dont 43% avec des enfants) et 49% d’entre eux sont bénéficiaires d’une aide au logement. Le rôle d’intermédiaire de l’agence immobilière sociale de Vesoul de SOLIHA entre locataires et bailleurs permet de mettre à disposition des logements à prix abordables comme des loyers conventionnés adaptés aux faibles revenus. Pour les habitations gérées par SOLIHA, en Haute-Saône et dans le Territoire de Belfort, 57% d’entre elles proposent un loyer conventionné avec un loyer moyen de 445€, permettant l’accès à ces logements à un public modeste.
La mission de l’agence immobilière sociale de Vesoul de SOLIHA ne se résume pas seulement à un accompagnement pour accéder à un logement décent mais la démarche de l’agence immobilière sociale est aussi de sécuriser le maintien dans le logement. Pour cela, l’agence immobilière sociale de Vesoul de SOLIHA offre un soutien administratif et informationnel aux personnes rencontrant des difficultés pour accéder et se maintenir dans un logement.
Les actions d’accompagnement de l’agence immobilière sociale de Vesoul de SOLIHA pour favoriser le maintien dans un logement :
- Aide dans la constitution du dossier locatif : s’assurer que le loyer est adapté aux besoins et ressources et mobilisation de dispositifs pour améliorer la solvabilité (exemple : la garantie VISALE²) ;
- Apporter une connaissance des aides auxquelles le public concerné peut prétendre. En informant sur les aides aux logements existantes cela limite le risque de non-recours par manque d’information³.
- Sensibilisation aux écogestes permettant, principalement, de maitriser les coûts d’énergies ;
- Assurer un suivi technique régulier du logement pour faire intervenir, si besoin, des prestataires qualifiés pour que le logement reste décent.
Dans un contexte où le mal-logement touche de plus en plus d’individus chaque année, les actions entreprises par l’agence immobilière sociale de Vesoul de SOLIHA contribuent favorablement à l’accès et au maintien dans un logement décent des personnes aux revenus modestes.
Le mal-logement conduit à des situations d’exclusion sociale difficiles à surmonter, c’est pourquoi le FSE + se mobilise en co-finançant des initiatives comme l’agence immobilière sociale SOLIHA dans les départements de Haute-Saône et du Territoire de Belfort.
¹ 30ème rapport sur l’état du mal-logement en France 2025, Fondation pour le logement des défavorisés (ex Fondation Abbé Pierre)
² Source : https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F33453
Grand Est
Dix ans du SMV : un bilan une perspective
Metz, 8 octobre 2025, le Service Militaire Volontaire célèbre cette année son dixième anniversaire. À cette occasion, une cérémonie de grande ampleur s’est tenue à Metz, en présence de représentants du Ministère du Travail et des Solidarités et de la Commission européenne, en tant que partenaires du dispositif.
Cet anniversaire a notamment offert une opportunité de communication autour du programme national des Fonds social européen Plus (FSE+), répondant à l’obligation de communication prévue à l’article 50 du règlement (UE) incombant aux opérations de plus de 10 millions d'euros.
Bien qu’unique, le dispositif SMV regroupe plusieurs opérations portées par les différents régiments, dont la majorité dépasse le seuil de 10 millions d’euros.
L’événement a ainsi permis de valoriser le soutien européen apporté à l’ensemble du dispositif, à la fois au niveau de chaque centre et dans sa dimension globale.
L'histoire du SMV au service de l'emploi
Créé en 2015 par le président de la République, le SMV constitue une initiative de l’Etat pour accompagner l’insertion professionnelle et citoyenne des jeunes de 18 à 25 ans éloignés de l’emploi. Inspiré du Service militaire adapté d’outre-mer, il a pour objectif de restaurer la confiance, faciliter l’insertion et valoriser l’engagement citoyen.
Implanté dans plusieurs centres métropolitains couvrant cinq régions, le dispositif s’articule sur des durées de 6 à 12 mois selon le profil du volontaire, avec un soutien personnalisé, des périodes en entreprise ou en stage, et un accompagnement vers le permis de conduire ou d’autres compétences utiles. Le SMV affiche un taux d’insertion supérieur à 80 %. Le programme national FSE+ l’accompagne depuis 2019.
Sur les dix années d’existence, le SMV a formé plusieurs milliers de jeunes dans une vingtaine de métier, dans le secteur du BTP, de la logistique, des services ou de l’agroalimentaire.
Metz, théâtre d’une célébration sous le signe de l’Europe
C’est dans l’atmosphère majestueuse de l’hôtel de ville de Metz que les autorités locales, les cadres du SMV et les représentants du ministère du Travail et des Solidarités et de la Commission européenne se sont réunis pour marquer cette décennie d’engagement.
La matinée a été consacrée à la présentation des projets portés par les cinq régiments du SMV, chacun illustrant la manière dont le soutien du FSE+ contribue à transformer les parcours de jeunes en quête d’avenir. Volontaires et encadrants ont témoigné de leurs réussites : formation qualifiantes, retours à l’emploi et reconversions réussies.
Sur le parvis de la cathédrale, une cérémonie militaire a ensuite rendu hommage aux valeurs qui animent le dispositif depuis sa création. Des médailles de la Défense nationale ont été remises à plusieurs volontaires et cadres, dans une ambiance solennelle et empreinte d’émotion. Le Commandant du SMV a profité de ce moment pour rappeler le rôle essentiel du programme national FSE+ dans la pérennité de l’opération et la qualité des formations proposées.
Les discours officiels se sont ensuite tenus dans les salons de l’hôtel de ville, où Cinzia Masina, représentante de la Commission européenne, a salué la réussite du SMV. Les échanges se sont prolongés autour de discussion informelle entre anciens volontaires et représentants institutionnels.
Une mission plus actuelle que jamais
En une décennie, le SMV a accompagné plus de 10 000 jeunes vers l’emploi ou la formation. Le dispositif entre désormais dans une nouvelle phase, qui inscrit l’insertion des jeunes et la montée des compétences comme priorités européennes. Les prochaines années s’annoncent ambitieuses : ouverture à de nouveaux métiers comme la logistique verte, la sécurité et le numérique, le renforcement des liens avec les entreprises et un suivi renforcé des anciens volontaires.
À Metz, ce dixième anniversaire n’était pas qu’une commémoration mais aussi le symbole d’un partenariat solide entre la France, ses armée et l’Europe au service de la jeunesse et de l’inclusion.
Grand Est
Soutenir les séniors dans leur insertion professionnelle
Retravailler Alsace : la solution pour un vieillissement actif et inclusif
En France, les plus de 50 ans représentent aujourd’hui près d’un tiers de la population active. Parmi les 55-61 ans, une personne sur cinq n’est ni en emploi ni à la retraite (selon l'INSEE). Derrière ces chiffres se cache une réalité préoccupante : beaucoup de séniors font face à un marché du travail qui peine à reconnaître leur expérience et leurs compétences. Cette situation interroge sur la place des séniors dans la vie professionnelle et sur la nécessité de mieux accompagner le vieillissement actif. Dans un contexte de recul de l’âge légal de départ à la retraite, il devient essentiel de mettre en places des dispositifs favorisant le maintien dans l’emploi, la transmission des savoirs et l’adaptation des parcours professionnels tout au long de la vie.
Le programme national FSE+ a placé cette question au cœur de ces priorités. A travers sa priorité 4 « Promouvoir un marché du travail créateur d’emploi, accessible à tous et un environnement de travail inclusif et sain » le programme national FSE+ encourage le vieillissement actif et en bonne santé. L’objectif spécifique D vise particulièrement à adapter travailleurs et entreprises aux évolutions démographiques, tout en garantissant un environnement de travail inclusif et respectueux.
Retravailler Alsace, un acteur de référence sur le territoire
C’est dans ce cadre que le projet « Transition Pro Séniors », porté par Retravailler Alsace, à vu le jour. L’organisme, implanté depuis de nombreuses années dans toute la France est reconnu pour son expertise en orientation, formation et accompagnement des transitions professionnelles. Avec le soutien du programme national FSE+, il déploie une réponse innovante au chômage des séniors, en ciblant en priorité les habitants des quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV).
Chaque année, le dispositif accompagne 24 à 30 demandeurs d’emploi séniors à travers un parcours complet de retour à l’emploi. Ce parcours, d’une durée de 16 semaines, alterne entre phases en centre et immersion en entreprise, pour garantir un accompagnement concret, personnalisé et durable.
4% des 50 ans et plus ne trouvent pas d'emploi malgré une recherche active.
Un dispositif structuré autour de trois piliers, s’appuyant sur une méthodologie claire et progressive :
- Un temps de préparation et d’ateliers collectifs : les participants travaillent sur leur image professionnelle, la valorisation de leurs compétences et la construction de leur projet. Ces ateliers abordent aussi des enjeux actuels comme la fracture numérique, la gestion du stress ou la confiance en soi.
- Des immersions en entreprise : plus de 60% du parcours se déroule en situation réelle de travail. Les participants peuvent ainsi tester un métier, démontrer leurs compétences et ajuster leurs stratégies de recherche d’emploi au contact direct avec des recruteurs.
- Suivi individualisé et continu : chaque sénior bénéficie d’un accompagnement personnalisé, incluant entretiens réguliers, bilans et réajustements. Cette approche permet de lever les obstacles spécifiques rencontrés par chacun et d’assurer une réintégration adaptée sur le marché du travail.
Un projet inclusif, au service de l’égalité et de l’accessibilité
Au-delà de l’insertion professionnelle, Retravailler Alsace fait de l’égalité femmes-hommes et de la lutte contre les discriminations une priorité. Les actions sont conçues pour être accessibles à tous, y compris aux personnes en situation de handicap. Depuis 2008, l’organisme développe d’ailleurs des dispositifs spécifiques fiancés par l’Agefiph et veille à l’accessibilité pédagogique et physique de ses formations.
En ouvrant ses sessions aussi bien aux femmes qu’aux hommes et en garantissant une répartition équitable des candidatures retenues, Retravailler Alsace contribue à bâtir un marché du travail inclusif, respectueux des parcours et des diversités.
Un impact durable pour les séniors et pour les entreprises
Outre l’objectif d’insertion, « Transition Pro Séniors » permet aux participants de redonner sens à leur parcours, de clarifier leurs projets et de se projeter dans l’avenir avec confiance. Pour les entreprises, c’est aussi l’opportunité de bénéficier de profils expérimentés, capables de transmettre leur savoir-faire et d’apporter une réelle valeur ajoutée aux équipes.
En soutenant ce projet, le programme national FSE+ illustre concrètement son ambition : donner à chacun, quel que soit son âge, les moyens de trouver sa place sur le marché du travail, et construire ainsi une société plus solidaire et inclusive.