Occitanie
L’insertion par le sport : une approche soutenue par le programme national FSE+ et FTJ au service des publics éloignés de l’emploi
En Tarn-et-Garonne, les besoins en matière d’insertion socio-professionnelle ont augmenté ces dernières années. Le taux de pauvreté atteint 16,2% soit deux points de plus que la moyenne nationale.
Dans ce contexte, plusieurs initiatives récentes ont mis en lumière la place du sport dans les politiques publiques d’inclusion des personnes éloignées de l’emploi. Une feuille de route conjointe des ministères du Travail et de l’Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports a notamment été signée en janvier 2022, tandis qu’un panorama de l’insertion par le sport a été réalisé par l’Observatoire des Métiers du sport, l’Afdas et Pluricité entre juillet 2021 et juin 2022. Ces différentes initiatives reconnaissent ainsi le sport comme un levier potentiel d’insertion socio-professionnelle.
Des besoins importants chez les enfants en situation de précarité
Cette approche prend une importance particulière pour les enfants vivant dans la précarité sur ce territoire : selon un rapport de la Caisse d’Allocation Familiale de 2022*, 16 197 enfants vivent dans 15 880 foyers précaires disposant d’un revenu inférieur à 1 105 €. Les enquêtes montrent que ces enfants, ainsi que ceux présentant des handicaps physiques et mentaux, rencontrent des difficultés à s’intégrer et à participer à la vie sociale.
Les enfants issus de milieux socio-économiques défavorisés sont également plus susceptibles de développer certaines maladies chroniques comme la dépression, l’obésité et le diabète, tandis que ceux vivant dans la précarité durant leurs trois premières années rencontrent davantage de problèmes de santé et de comportement.
Dans ce contexte, l’activité physique constitue un outil de prévention et de socialisation, l’OMS recommandant une activité physique régulière de 30 minutes par jour pour tous les enfants, y compris ceux en situation de handicap.
*Caf de Tarn-et-Garonne, Portrait social – Édition 2022, données 2020, disponible sur : Portrait_Social_Caf_Tarn-Garonne.pdf
Le sport comme outil éducatif et social
L’association Bouger pour s’en sortir, cofinancé par le programme national FSE+ et FTJ, met en avant l’importance du sport comme outil éducatif et social pour favoriser l’inclusion des jeunes vulnérables.
Le projet utilise les activités physiques et sportives comme un levier éducatif et social favorisant le développement cognitif, affectif, moteur et relationnel des jeunes, notamment ceux en situation de précarité, d’exclusion ou de handicap. Il vise à les remobiliser autour d’une activité valorisante et accessible à tous, afin de renforcer leur estime de soi, leur confiance et leur autonomie.
La pratique collective permet également de lutter contre l’isolement, de favoriser l’intégration au sein d’un groupe, de révéler les qualités et compétences des jeunes dans un nouvel environnement et, plus largement, de contribuer à leur équilibre et à l’amélioration de leur qualité de vie.
Des objectifs adaptés aux besoins des jeunes
Les professionnels diplômés de Licence STAPS APAS et les éducateurs spécialisés interviennent dans un cadre ludo-éducatif dynamique.
Le projet poursuit plusieurs objectifs :
- encourager l’effort, faire découvrir diverses activités physiques et développer les capacités motrices tout en cultivant les valeurs du sport ;
- participer à l’orientation sportive des jeunes et encourager une pratique sportive régulière ;
- faire connaître les actions du territoire ;
- faciliter l’accès au sport pour toutes et tous, filles, garçons et enfants en situation de handicap.
Deux actions à Montauban et Moissac
Le projet se décompose en deux actions qui se déroulent à Montauban et Moissac. Elles visent à favoriser la mixité sociale et les liens avec diverses structures locales et prennent place dans un espace de coworking socio-sportif présenté comme unique en Tarn-et-Garonne.
Le projet repose sur :
- Une première action mettant en place des stages sportifs durant les vacances scolaires ;
- Une seconde action visant à organiser des interventions sportives durant la période scolaire.
Des stages sportifs pendant les vacances scolaires
Les journées associent des matinées consacrées aux activités multi-sports et des après-midis dédiés à des activités créatives telles que le mur interactif, la danse ou la réussite éducative. Les minibus de la structure permettent également d’aller directement dans les quartiers afin de transporter les jeunes en situation d’exclusion.
Les stages d’une semaine sont organisés dans les locaux de l’association ou à l’extérieur, en collaboration avec des partenaires locaux du Tarn-et-Garonne. Chaque année, 55 enfants sont accueillis, répartis en deux à trois groupes simultanés.
Le réseau professionnel de l’association permet également de créer des liens avec des professionnels de santé, des travailleurs sociaux et des clubs sportifs en fonction des besoins des enfants. Des rencontres avec les pompiers, la police ou encore la sécurité routière sont également prévues.
Les activités visent notamment à développer les compétences physiques, le bien-être physique et mental, mais aussi les compétences sociales : vie en collectivité, respect de soi et des autres, goût de l’effort, respect des consignes, contrôle de soi, travail en équipe et estime de soi.
Les jeunes âgés de 6 à 17 ans peuvent ainsi apprendre en s’amusant et devenir acteurs de leurs propres créations à travers des photos, des vidéos ou encore des animations.
Des interventions sportives durant la période scolaire
La deuxième action accueille 25 enfants chaque semaine.
Les jeunes découvrent différentes activités multi-sports, notamment le basketball, le handball et des sports moins connus comme le tchouk ball. Ces activités visent notamment à lutter contre le décrochage scolaire, tout en développant l’estime de soi et les compétences communicationnelles.
Les activités sont encadrées par des référents et adaptées aux problématiques et aux besoins des jeunes, qu'ils soient sociaux, physiques ou mentaux.
Pour mettre en œuvre le projet en 2025, trois salariés assurent la mission :
- une éducatrice sportive ;
- une coordinatrice adjointe et éducatrice sportive ;
- une coordinatrice FSE+.
Le sport pour favoriser l’inclusion et améliorer la qualité de vie des jeunes
À travers ses deux actions soutenues par le programme national FSE+ et FTJ, l’association Bouger pour s’en sortir poursuit un objectif central : rendre l’activité physique accessible à toutes et à tous et utiliser le sport comme support d’inclusion sociale.
Les actions mises en place doivent permettre d’améliorer la qualité de vie des jeunes, de favoriser leur inclusion, d’encourager une pratique sportive régulière et de renforcer les liens avec les professionnels de la santé et du secteur social.
En proposant des activités physiques, sportives, créatives et éducatives adaptées, Bouger pour s’en sortir mobilise ainsi le sport comme un espace de découverte, de socialisation et de remobilisation pour les jeunes en situation d’exclusion ou de handicap.
Occitanie
L’insertion professionnelle des personnes en situation de handicap : un défi persistant
En France, d’après l’INSEE, le taux de chômage des personnes actives reconnues en situation de handicap demeure plus élevé (12 %) que chez l’ensemble de la population active (7 %).
Comme le souligne le panorama de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES), en 2023, les personnes en situation de handicap étaient également davantage touchées par le chômage longue durée (5 %) en comparaison à l'ensemble de la population (2 %).
Le rôle de MAJIQ dans l’accès à l’emploi des jeunes en situation de handicap
Créée en septembre 2023 par la Mission locale Haute-Garonne, MAJIQ (Mieux Accompagner les Jeunes pour leur Inclusion et leur Qualification) propose un accompagnement des jeunes de 16 à 25 ans en situation de handicap, avec une possibilité de suivi prolongé jusqu’à 30 ans selon les besoins, afin de les soutenir dans leur insertion professionnelle.
Cette action est co-financée par le programme national FSE+, ce qui a permis « le développement du dispositif sur l’ensemble du département de façon à ne laisser aucun jeune [en situation de handicap] sur le côté », selon Nadège Carrel, directrice de la Mission locale.
Après 14 mois d’accompagnement, 60 % des jeunes bénéficiaires trouvent un stage, un emploi ou une formation.
Un accompagnement sur-mesure pour les jeunes qui rencontrent des difficultés en lien avec leur handicap
MAJIQ est né d’un constat simple : la part des jeunes en situation de handicap ne cesse d’augmenter et les accompagnements proposés ne sont pas toujours appropriés aux besoins liés aux différents types de handicap.
À ce titre, la Mission locale Haute-Garonne agit auprès des jeunes selon leur situation personnelle (santé), leurs ressources et leurs freins de sorte à proposer “un accompagnement de qualité à des jeunes qui sont peut-être les plus fragiles”, souligne Romina Magrina, conseillère à la Mission locale Haute-Garonne.
L’accompagnement repose sur trois volets essentiels :
- Un suivi individuel : construire un projet professionnel et développer des outils (rédaction d’un CV), travailler sur la confiance en soi, préparer un entretien, etc.
- Un suivi collectif : ateliers professionnels (rencontres avec des entreprises adaptées), groupes de parole, etc.
- Un partenariat avec des entreprises : susciter des échanges, agir sur les représentations des jeunes comme des employeurs, proposer des visites d’entreprises, des périodes d’immersion et des opportunités d’emploi.
J’ai rendez-vous avec ma conseillère environ toutes les deux semaines (…) Je me sens en sécurité. Pour des gens qui ont des difficultés comme moi, ça fait moins peur d’avancer.
Le programme national FSE+ agit en faveur de l’emploi des personnes handicapées
Selon le rapport d’enquête à 6 mois du programme national FSE+ 2021-2027, 63 % des participants en situation de handicap étaient au chômage à l’entrée des opérations cofinancées par le FSE+, contre seulement 37 % à la sortie.
Au titre de la priorité 1, objectif spécifique H : « Favoriser l’inclusion active afin de promouvoir l’égalité des chances, la non-discrimination et la participation active, et améliorer l’employabilité, en particulier pour les groupes défavorisées », le FSE+ co-finance plusieurs actions pour améliorer l’insertion professionnelles des jeunes en situation de handicap en France.