16.07.2026
Publication des résultats d’une nouvelle évaluation du programme national FSE+ et FTJ : L’intégration sociale des enfants exposés au risque de pauvreté ou d’exclusion sociale
France entière
Une thématique nouvelle dans le programme national FSE+ et FTJ 2021-2027
Pour la première fois, le programme national FSE+ et FTJ consacre des financements spécifiquement dédiés à l’intégration sociale des enfants et des jeunes vulnérables. Les travaux d’évaluation ciblent ainsi en priorité un public âgé de 3 à 21 ans, notamment :
- Les mineurs et jeunes majeurs relevant de l’Aide sociale à l’enfance (ASE) ;
- Les jeunes sortant de l’ASE (17-21 ans) ;
- Les mineurs non accompagnés (MNA) ;
- Les familles en situation de grande précarité et leurs enfants.
Les actions ainsi soutenues s'inscrivent dans les grandes orientations européennes et nationales, notamment la Garantie européenne pour l’enfance, l’engagement européen contre la pauvreté infantile, la Stratégie nationale de prévention et de lutte contre la pauvreté et le Plan interministériel pour l’enfance.
Le programme national FSE+ et FTJ contribue à favoriser l’égalité des chances et à lutter contre les discriminations auxquelles sont confrontées les personnes exposées au risque de pauvreté ou d’exclusion sociale, en mobilisant plusieurs priorités (P1 et P2) et objectifs spécifiques, tels que la promotion de l’inclusion sociale, l’inclusion active, l’égalité d’accès aux services et amélioration de l’accès à l’emploi.
Une évaluation fondée sur une méthodologie de terrain
Cette évaluation a été menée par les cabinets Amnyos et Edater, entre juin 2025 et mars 2026. Elle repose sur plusieurs approches complémentaires combinant des analyses quantitatives mais surtout qualitatives, et porte sur un périmètre de la programmation encore restreint et en cours d’appropriation, compte tenu de la date à laquelle les travaux ont été conduits. Ils concernent ainsi :
- Une analyse des données issues du système d’information de la programmation nationale FSE+ et FTJ, à partir des 148 opérations cofinancées jusqu’en avril 2026 (soit moins de 2% de la programmation totale) et touchant près de 21 000 participants prévisionnels ;
- Une enquête de terrain menée auprès des services gestionnaires et des porteurs de projets cofinancés par le programme national FSE+ et FTJ ;
- Des entretiens psychosociaux menés avec des jeunes en situation de vulnérabilité (ou leurs familles) ayant bénéficié d’une opération cofinancée FSE+ ;
- Une comparaison de la mise en œuvre d’actions liées à cette thématique dans quatre pays européens : la Belgique (Wallonie), la Lituanie, Malte et l’Espagne.
Cette approche multidimensionnelle permet d’apprécier concrètement les effets des cofinancements européens au plus près des réalités de terrain.
Des résultats concrets pour les jeunes les plus vulnérables
L'évaluation met en évidence des effets positifs et structurants des actions cofinancées par le programme national FSE+ et FTJ sur les parcours des enfants et des jeunes.
Les projets soutenus contribuent notamment à :
- Renforcer la stabilité matérielle et sociale (ressources, logement, santé) ;
- Faciliter l’accès effectif aux droits et la reprise de démarches administratives grâce à la médiation ;
- Assurer une continuité relationnelle à travers l’accompagnement du jeune grâce à la présence d’un référent pivot et d’un suivi éducatif durable ;
Sécuriser les transitions, notamment lors des moments critiques tels que la sortie de l’ASE, l’atteinte de la majorité, ou encore lors de ruptures survenues dans la vie d’un jeune (rupture familiale, abandons scolaires ou d’apprentissage, etc.).
Ainsi, ces actions participent à renforcer l’inclusion sociale des publics les plus fragiles et à prévenir les ruptures de parcours. Elles interviennent comme des préalables indispensables à une dynamique d’inclusion professionnelle ultérieure.
Des freins structurels au déploiement des actions et une efficacité difficile à objectiver et à quantifier
L'évaluation souligne néanmoins plusieurs freins structurels qui limitent la portée des actions associées au programme. Le premier de ces freins étant la montée en charge progressive de cette thématique (le nombre d’appels à projets et d’opérations est encore limité). On constate que sa mobilisation est encore inégale selon les territoires. Certains des leviers essentiels mentionnés plus haut (médiation administrative, soutien psychosocial, présence d’un référent pivot, etc.) sont encore insuffisamment reconnus comme des actions à part entière et demeurent financés de manière indirecte ou fragile.
Par ailleurs, les outils de suivi privilégient principalement les résultats liés à l’insertion professionnelle, sans mesurer suffisamment les progrès en matière de stabilisation sociale ou matérielle. L’accès aux financements européens dépend également fortement des dynamiques territoriales déjà à l’œuvre et des capacités locales à monter et gérer des dossiers, parfois plus que des besoins réels des jeunes sur les territoires (notamment dans les régions ultrapériphériques) même si ces besoins sociaux sont reconnus comme importants par les acteurs. Le FSE+ fonctionne à ce titre surtout comme un amplificateur des capacités existantes.
Des pistes d’amélioration pour renforcer l’impact du programme national FSE+ et FTJ
L’évaluation confirme donc le rôle essentiel du programme national FSE+ et FTJ dans l’accompagnement des enfants et des jeunes exposés au risque de pauvreté ou d’exclusion sociale.
Des recommandations ont été formulées à l’issue des travaux en mobilisant une méthodologie participative réunissant les évaluateurs, des gestionnaires, des porteurs de projets, les membres du Comité technique ayant suivi cette démarche. Quatre axes sont proposés pour renforcer la place et l’efficacité des interventions du FSE+ destinées aux enfants et aux jeunes exposés au risque de pauvreté ou d’exclusion sociale :
- Stabiliser un cadre d’intervention commun, « partagé », intégrant une logique de parcours de 3 à 21 ans, avec des publics cibles, des types d’actions éligibles et des modalités de preuve partagées entre territoires ;
- Adapter les modalités de financement en développant davantage d’appels à projets correspondant aux réalités des actions et des dispositifs accessibles à toutes les tailles de structures, avec des exigences administratives proportionnées, en particulier dans le cas d’interventions courtes ou indirectes ;
- Faire évoluer les outils d’évaluation et de preuves en intégrant des indicateurs qualitatifs permettant de mieux mesurer les effets sur les parcours des jeunes et les rendre ainsi plus visibles ;
- Renforcer les capacités des acteurs territoriaux afin de sécuriser la continuité des parcours d’accompagnement, notamment à travers le soutien à l’ingénierie de projets, ou l’anticipation de certaines démarches pour éviter les ruptures ou les décrochages.