24.02.2026
Premiers résultats exploratoires de l’évaluation des parcours des participants aux programmes nationaux FSE, FSE+ et FTJ (2014-2020 et 2021-2027)
France entière
Ces travaux menés sous l’égide du Comité de pilotage de l'évaluation de ces programmes, visent à mieux comprendre les effets des actions cofinancées par les fonds européens sur les trajectoires des personnes accompagnées, notamment pour les personnes éloignées de l’emploi et en situation de fragilité. C’est une démarche innovante et structurante à plusieurs égards
Une évaluation inédite centrée sur les parcours d’individus observés sur le moyen/long terme.
Cette évaluation vise à reconstruire et analyser les parcours individuels des participants ayant bénéficié d’actions soutenues par un cofinancement du FSE, puis du FSE+, afin d’évaluer l’impact du passage par ces dispositifs sur leurs trajectoires professionnelles et sociales.
L’autre originalité de ces travaux repose sur la mobilisation du temps long, en croisant les données issues de deux programmations successives : le FSE 2014-2020 (avec le soutien de REACT EU entre 2021 et 2023) et le FSE+ 2021-2027. Cette approche permet de dépasser une lecture ponctuelle des résultats pour mieux appréhender les dynamiques de parcours, les enchaînements d’actions et les évolutions dans la durée.
Une méthodologie mixte et des sources de données élargies
L’évaluation s’appuie sur une combinaison de méthodes complémentaires :
- des analyses statistiques, afin de décrire et comparer les parcours entre eux et à grande échelle ;
- des approches biographiques et qualitatives, pour restituer finement les trajectoires individuelles.
Elle mobilise des données issues des systèmes d’information du FSE/FSE+, mais également des données administratives externes, notamment celles de la DARES (Base Tous salariés) et celle provenant des systèmes d’informations de conseils régionaux partenaires (Île-de-France et Grand Est), pour les actions financées dans le cadre des programmes régionaux du FSE, offrant ainsi une vision enrichie des parcours, et permettant d’aborder la complémentarité des programmes européens mis en œuvre en France par l’Etat et les Régions.
Les travaux sont réalisés par un groupement de prestataires retenu par un accord-cadre du Ministère du Travail et des Solidarités initié en 2024, finalisé début 2025 et composé des structures Teritéo, Sauléa Conseil et Eval-Lab.
Cette évaluation se déroule en plusieurs phases et durera quatre ans
L’évaluation s’inscrit dans un calendrier pluriannuel, de 2025 à 2028, et se déploie en plusieurs phases successives.
La première phase, conduite de janvier à septembre 2025, a permis de :
- préciser le périmètre et les concepts de l’évaluation (mieux définir un « parcours » ; préciser la méthodologie d’exploitation des systèmes d’informations et des données) ;
- établir un premier bilan chiffré des parcours identifiés ;
- proposer une première typologie des parcours individuels, à partir des personnes ayant participé à plusieurs opérations « distinctes », cofinancées par les programmes nationaux FSE et FSE+.
Les premiers résultats issus de cette phase sont désormais disponibles à travers quatre documents mis en ligne à ce jour.
Les premiers enseignements d’observation de ces parcours sont structurants
Les analyses mettent en évidence plusieurs résultats clés :
- 1,1 million d’individus, soit environ un quart des participants, ont bénéficié d’un parcours cofinancé par le FSE/FSE+ entre 2014 et début 2025. Un parcours est défini comme la participation à au moins deux opérations distinctes.
- Les parcours sont plus fréquents dans les opérations cofinancées de petite taille (moins de 250 participants) portées par les collectivités locales, où ils sont trois fois plus nombreux.
- Parmi les participants à toutes les actions cofinancées par le FSE et le FSE+, les parcours concernent davantage des publics plus éloignés de l’emploi, notamment dans le cadre des PLIE et des structures de l’insertion par l’activité économique (IAE).
- Les séquences de parcours se déroulent le plus souvent au sein d’un même type d’action, mais on observe, en particulier chez les jeunes, des transitions plus nettes entre différents types d’interventions et de porteurs.
- Un plus grand nombre d‘actions peuvent être nécessaires pour amorcer une dynamique de progrès et atteindre un taux de réussite (de type accès à un emploi même de courte durée, ou à une formation), comparable à celui d’une intervention unique, pour des publics connaissant moins de difficultés.
- Une part significative de personnes demeure inactive à l’issue du parcours, en particulier pour les parcours les plus longs, soulignant probablement l’importance d’un objectif d’inclusion sociale préalable à celui d’accès à l’emploi.
- Enfin, une classification de sept parcours professionnels types a été établie, pouvant être regroupés en quatre grands ensembles :
- Jeunes (23,5 %)
- Demandeurs d’emploi (64,5 %)
- Proches d’une activité économique (5 %)
- Mobilité et formation (7 %)
Des travaux appelés à se poursuivre et à s’enrichir
Ces premiers résultats constituent une base d’analyse appelée à être approfondie. Les prochaines phases de l’évaluation porteront notamment sur :
- la poursuite des analyses statistiques descriptives, grâce à la mobilisation de nouvelles bases de données partenaires, et au croisement avec des bases statistiques administratives sur l’emploi salarié, et avec les données de conseils régionaux sur des actions relevant de leurs compétences et cofinancées par les fonds européens de la politique de cohésion ;
- la constitution d’une cohorte de participants, interrogée à trois reprises (en 2026, 2027 et 2028), afin d’observer de façon plus qualitative les évolutions des trajectoires individuelles et les effets dans le temps des actions cofinancées par le FSE et le FSE+.
À travers cette démarche, l’évaluation contribue à renforcer la connaissance des parcours, à éclairer les choix de pilotage des programmes, à mieux comprendre la complémentarité de certaines actions et à améliorer l’efficacité des interventions en faveur de l’emploi, de l’inclusion et du développement des compétences, pour les différentes catégories de publics concernés.