07.05.2026
La priorité 5 “Aide alimentaire et matérielle aux plus démunis”, de quoi parle-t-on ?
Volet national
Zoom sur un contexte en tension
La lutte contre la privation matérielle et alimentaire constitue un enjeu central des politiques sociales en France. Elle s’inscrit dans un contexte marqué par des inégalités persistantes et des situations de précarité structurelles, qui touchent plusieurs millions de personnes. Début 2023, près de 9 millions de personnes étaient concernées. La hausse récente des prix contribue aujourd’hui à accentuer ces difficultés et la rend d’autant plus primordiale.
Les familles nombreuses et monoparentales sont particulièrement exposées, tout comme les enfants, dont 2,76 millions vivent sous le seuil de pauvreté. Ces inégalités sont encore plus marquées dans les régions ultrapériphériques, où les taux de pauvreté et de grande précarité sont nettement plus élevés qu'en métropole.
L’évolution du cadre européen de l’aide alimentaire
Auparavant, l’aide alimentaire était financée par le Fonds européen d’aide aux plus démunis (FEAD). Dans le cadre de la programmation 2021-2027, la Commission européenne a intégré ce dispositif au sein du programme national FSE+, mettant fin au FEAD en tant qu’instrument distinct. Cette évolution vise à renforcer la cohérence des politiques d’inclusion sociale, en articulant l’aide d’urgence avec des actions d’accompagnement, tout en élargissant le champ d’intervention à l’aide matérielle.
Sur ce champ, les crédits FSE+ ont été répartis entre la Direction générale de la cohésion sociale (DGCS) “Soutien européen à l’aide alimentaire” (SEAA) et la Délégation générale à l’emploi et à la formation professionnelle (DGEFP), qui porte le programme national FSE+ “Emploi, Inclusion, Jeunesse et Compétences”.
Ainsi, la DGCS coordonne l’aide alimentaire sur tout le volet national via le financement de quatre têtes de réseau pour l’achat et la distribution de produits non périssables (la Croix Rouge française, la Fédération Française des Banques Alimentaires, les Restaurants du cœur et le Secours populaire français). La DGEFP intervient en complément sur de l’aide alimentaire portant sur des achats de produits locaux dans les régions ultrapériphériques, et finance l’aide matérielle sur l’ensemble du territoire national par l’achat et la distribution de biens de première nécessité.
La priorité 5 “Aide alimentaire et matérielle aux plus démunis” du programme national FSE+ : un levier essentiel de solidarité
La priorité 5 “Aide alimentaire et matérielle aux plus démunis” représente un nouvel axe d’intervention du programme national FSE+. Dotée d’une enveloppe globale de 30 millions d’euros, cette priorité vise à apporter une aide matérielle et alimentaire aux plus démunis, y compris les enfants, tout en proposant des mesures d'accompagnement favorisant leur inclusion sociale.
Dans ce cadre, la DGEFP soutient deux types d’actions :
- L’assistance matérielle de base aux plus démunis sur l’ensemble du territoire national à travers la mise à disposition et distribution de biens de première nécessité.
© Mission Locale d'Insertion de Poitiers
- L’aide alimentaire aux plus démunis uniquement dans les régions ultrapériphériques à travers la mise à disposition et distribution de denrées alimentaires achetées ou collectées localement (produits frais et secs), ainsi que de coupons, bons ou cartes.
© OGFA PAU 74
Des objectifs au service de l’inclusion sociale et du développement
Les objectifs de cette priorité 5 “Aide alimentaire et matérielle aux plus démunis” visent à favoriser l’intégration sociale des personnes en situation de vulnérabilité économique ou sociale en leur donnant notamment un accès digne à des biens et matériels de première nécessité, tels que des produits d’hygiène ou des vêtements.
Un autre objectif est également de participer à la reconnaissance et au développement des capacités de ces personnes à agir pour elles-mêmes et dans leur environnement en leur proposant un accompagnement favorisant leur insertion sociale. Cela peut prendre la forme d’entretiens individuels, de distribution de flyers d’information, d’orientation vers des partenaires ou des services compétents.
Enfin, elle contribue à une démarche globale de réduction de la pauvreté en combattant ses causes profondes et en évitant sa reproduction.
Les publics ciblés
Les actions mises en œuvre dans le cadre de cette priorité visent à soutenir les personnes exposées à la pauvreté, parmi lesquelles les bénéficiaires de minima sociaux, les personnes victimes d’exclusion, de discrimination ou faisant face à des difficultés d’accès aux droits.
Les actions s’adressent également aux personnes sans logement, y compris les personnes vivant dans des campements illicites, des bidonvilles, ou des squats, les personnes vivant dans des habitats indignes ou précaires ainsi que toute autre personne dont la situation de logement est reconnue comme prioritaire en raison de difficultés graves ou urgentes (absence de logement, logement insalubre, menace d’expulsion, handicap, violence ou grande difficulté sociale).
Enfin, une attention particulière est portée à tous les jeunes enfants exposés à la pauvreté et à la privation matérielle.